Quand professionnels de santé et spécialistes témoignent : les animaux comme alliés du bien-être
De la présence apaisante d’un chat sur les genoux aux sorties quotidiennes rythmées par l’enthousiasme d’un chien, nos compagnons à quatre pattes s’invitent de plus en plus dans le débat sur la santé mentale et physique. Pour comprendre ce phénomène, passionanimaux.com a réuni le temps d’une table ronde plusieurs professionnels aux horizons variés : psychologue, vétérinaire, éducateur animalier, gériatre et médiatrice animale.
Leurs témoignages et retours d’expériences lèvent le voile sur les impacts concrets de la relation homme-animal sur le bien-être global, à tout âge.
Bienfaits psychologiques : réconfort, diminution du stress et luttes contre l’isolement
Le Dr Charlotte B., psychologue clinicienne, intervient régulièrement auprès d’adultes et d’adolescents fragilisés. Elle constate :
« Le simple fait de partager son quotidien avec un animal crée une forme de présence inconditionnelle. Chez des personnes anxieuses ou dépressives, la routine imposée par le chien ou le chat redonne une raison d’être actif chaque jour. Les interactions avec l’animal stimulent des circuits émotionnels positifs, atténuant le sentiment de solitude. »
Les effets anti-stress sont désormais validés par des études : caresser un chien ou un chat diminue le taux de cortisol (hormone du stress) et favorise la production d’ocytocine, molecule du bien-être et de l’attachement social.
Animaux, enfants et développement émotionnel : le regard du pédopsychiatre
Pour le Dr Michel R., pédopsychiatre, l’animal joue un rôle structurant auprès des plus jeunes :
« Le chat ou le lapin domestique devient confident, présence rassurante qui ne juge pas. L’apprivoisement progressif enseigne la patience, la douceur, et la lecture du non-verbal. Chez l’enfant souffrant de troubles du spectre autistique, certains chiens médiateurs favorisent le contact, réduisent les stéréotypies et améliorent la concentration lors des activités éducatives. »
Le Dr R. souligne l’importance de l’animal comme facteur d’apprentissage de l’empathie et du respect du vivant.
Médiation animale : retour terrain d’une professionnelle
Sophie D., médiatrice animalière diplômée, accompagne chaque semaine des résidents en EHPAD ou des enfants en situation de handicap lors d’ateliers avec lapins, chiens et cochons d’Inde. Elle précise :
« La médiation animale, ce n’est pas juste caresser un animal : c’est créer un espace où la parole, le toucher, la curiosité reprennent sens. J’ai vu des résidents mutiques renouer le contact en brossant un poney miniature, ou des jeunes oser exprimer une émotion au contact d’un chiot. L’animal n’a pas d’a priori, il accepte la personne telle qu’elle est ici et maintenant. »
- Amélioration de la motricité fine (brossage, soins suaves)
- Socialisation, création de liens entre résidents via la découverte collective
- Soutien moral lors des périodes de deuil ou d’hospitalisation
Bienfaits sur la santé physique : mobilisation, activité et prévention
Sur le plan médical, les bénéfices sont tangibles. La Dr Anne P., gériatre à Lyon, détaille lors de la table ronde :
« Les propriétaires de chiens marchent en moyenne 30% de plus que ceux sans animal, avec un bénéfice direct sur la tension artérielle, la gestion du diabète et la prévention de la sarcopénie (fonte musculaire liée à l’âge). Chez les personnes âgées isolées, il est démontré que la garde quotidienne d’un animal réduit significativement le risque de chutes (l’animal motive à l’exercice et donne un rythme au lever/coucher). »
Elle insiste sur le rôle structurant des animaux pour le maintien à domicile, le repérage d’épisodes de désorientation (chien cherchant son maître dans la rue), et le levier sur l’observance des traitements (la routine du soin animalier favorise celle des médications personnelles).
Rentrouver confiance et estime de soi grâce à la complicité animale
Mathieu L., éducateur canin et comportementaliste, intervient auprès de publics en reconversion, en difficulté sociale ou souffrant de handicap. Son analyse :
« Prendre soin d’un animal responsabilise : il faut anticiper, respecter le rythme du vivant. Réussir à éduquer, même un geste simple comme ‘assis’ ou ‘viens’, redonne confiance. L’animal valorise sans condition, récompense les progrès, tolère les maladresses. L’estime de soi peut renaître à travers la qualité du lien tissé. »
Plusieurs participants soulignent que l’animal, loin d’être un substitut pansement, agit comme un accélérateur de remise en mouvement : il encourage à sortir, à parler, à créer du lien social avec voisins et passants.
Attention, pas de miracle sans engagement : les limites pointées par les experts
- L’adoption d’un animal impose une responsabilité sur le long terme : soins vétérinaires, alimentation, éducation. Les professionnels mettent en garde contre l’acquisition impulsive « thérapie » suite à une crise ou un deuil.
- La compatibilité entre l’humain et l’espèce (voire la race) doit être réfléchie : un chien très actif peut majorer une détresse si le maître n’a pas les capacités physiques d’assurer son entretien.
- Les allergies, phobies ou risque de morsure/griffure doivent être pris en compte, d’où l’importance de choisir un animal adapté et d’être bien conseillé.
Expériences concrètes : paroles de familles, d’aînés et d’enfants
De nombreux témoignages recueillis en amont et lors de la table ronde illustrent la diversité des apports :
- Julien, père célibataire : « Depuis l’arrivée de notre chat, mon fils exprime plus facilement ses émotions, il a appris à reconnaître quand l’animal veut être tranquille. Les disputes quotidiennes ont diminué. »
- Suzanne, 83 ans : « Mon petit chien me donne le courage de m’habiller chaque matin. Même fatiguée, je sais qu’il compte sur moi. Il est mon compagnon lors de mes insomnies. »
- Lilian, 12 ans, dyspraxique : « J’aime apprendre des tours à mon lapin, il n’a pas peur de moi même si je fais tomber sa gamelle. Il me fait rire et j’oublie l’école. »
Des bénéfices reconnus scientifiquement, de plus en plus de programmes pilotes
La France rattrape son retard en matière de programmes associant animaux et prise en charge globale. Plusieurs études (INSERM, CHU de Lille) montrent :
- Une réduction de l’anxiété et des troubles du comportement en maison de retraite avec visites régulières de chiens et lapins
- Un taux d’observance des soins (kinésithérapie, ergothérapie) supérieur en présence d’animaux encadrés
- Une amélioration des scores de communication chez des enfants en situation autistique après 6 mois de médiation animale
Les écoles, hôpitaux, prisons et centres de rééducation expérimentent ainsi des interventions animalières, généralisant une approche pluridisciplinaire du bien-être.
Téléchargements exclusifs : guides, témoignages et outils pratiques
- Guide PDF « Adopter un animal pour mieux-vivre » : questions à se poser, listes de points de vigilance, schémas de routine quotidienne
- Recueil de témoignages : familles, seniors, éducateurs, avec clés pour favoriser le lien homme-animal dès l’arrivée à la maison
- Ressources interactives : exercices de relaxation assistée par l’animal, calendrier de suivi moral avec son compagnon
À retrouver et à télécharger librement dans la rubrique Guides pratiques et Communauté sur passionanimaux.com.
L’avis de la rédaction
De la simple présence apaisante à la participation active à des démarches de soin, les animaux de compagnie s’imposent comme des acteurs incontournables et naturels du bien-être individuel et collectif. Aucun substitut à la relation humaine, mais un formidable relais émotionnel, social et physique, à condition d’un choix responsable et d’un accompagnement adapté. Ce que confirment tous les experts réunis lors de cette table ronde : « Ouvrir sa porte (et son cœur) à un animal, c’est aussi parfois s’ouvrir à soi-même. »