Paroles d’expert : nourrir ses animaux pour leur santé et leur bien-être
Alimenter son chien, son chat ou son NAC (nouveau animal de compagnie) ne se réduit pas à remplir leur gamelle deux fois par jour. Choisir une alimentation adaptée, comprendre les besoins réels et les spécificités de chaque espèce, éviter certains pièges alimentaires : tout cela influe directement sur la vitalité, la longévité et le bonheur de nos compagnons. Afin de dissiper les doutes et d’offrir des repères pratiques, passionanimaux.com a rencontré Philippe Dubois, vétérinaire nutritionniste et consultant auprès de plusieurs marques d’aliments pour animaux. Il partage ici sa vision, ses conseils et ses expériences du terrain pour guider chaque propriétaire vers une alimentation plus éclairée.
Nourrir un animal : bien plus qu’une question de croquettes
« La nutrition, c’est d’abord la santé ! » d’emblée, Philippe Dubois rappelle que la première cause d’anomalies digestives, de surpoids et même de troubles comportementaux chez l’animal provient d’une alimentation inadéquate. Contrairement aux idées reçues, chiens et chats n’ont pas les mêmes besoins, et ceux-ci évoluent selon l’âge, l’activité, la stérilisation ou la santé de l’animal.
- Le chien, omnivore à tendance carnivore, a besoin d’une alimentation équilibrée mais tolère une certaine diversité (viandes, légumes, céréales spécifiques).
- Le chat, strictement carnivore, doit recevoir des apports concentrés en protéines animales, certains acides aminés essentiels et un contrôle attentif des glucides.
- Les NAC (lapins, cobayes, furets, oiseaux…) présentent des régimes encore plus spécifiques, parfois très sensibles à des excès ou carences.
« Chaque espèce, chaque individu est un cas à part. Mieux vaut prévenir que guérir et ne pas céder aux modes alimentaires ou aux idées toutes faites ! » prévient l’expert.
Industriel ou ration ménagère ? Faire le bon choix pour chaque famille
La question revient à chaque consultation : faut-il nourrir son animal à l’aide d’aliments industriels (croquettes, pâtées) ou cuisiner soi-même ? Philippe Dubois tempère les débats.
- Les aliments industriels de bonne qualité sont conçus pour couvrir l’ensemble des besoins nutritionnels, limitant le risque de carences ou de surdoses (notamment en sel, en calcium ou en vitamines). Ils offrent aussi une grande praticité.
- Les rations ménagères (cuisine maison) peuvent parfaitement convenir, si elles sont équilibrées grâce aux conseils du vétérinaire et l’ajout de compléments spécifiques. Un plat de restes n’est JAMAIS une solution durable, sous peine de déséquilibres graves (os de poulet, assaisonnements, aliments toxiques comme chocolat, oignon, avocat... à proscrire).
L’expert note l’émergence d’une troisième voie : les aliments « frais » ou à base d’ingrédients sélectionnés, livrés à domicile, qui peuvent offrir une solution intermédiaire entre facilité et personnalisation.
Les critères essentiels pour bien choisir : déchiffrer les étiquettes
- L’origine des protéines : Privilégier les sources animales (viande, poisson) clairement détaillées. Méfiez-vous des références trop vagues (« sous-produits », « viande et animal »).
- Le taux de glucides : Un excès de sucre ou d’amidon (patates, riz...) n’est pas toujours adapté, surtout chez le chat.
- Adaptation à l’âge, la taille, l’état physiologique : Un chien de travail, une chatte gestante, un furet junior ou un lapin stérilisé n’auront pas la même ration ni les mêmes apports en énergie ou minéraux.
- Additifs : Préférer les formulations sans colorants, conservateurs chimiques ou arômes artificiels superflus.
L’étiquette doit mentionner la composition analytique (protéines, matières grasses, cendres, fibres, calcium, phosphore), facilitant la comparaison entre marques ou gammes.
Quantités, fréquence, transitions : les grands repères pour chaque jour
Une ration bien choisie doit aussi être bien distribuée : « La première erreur, c’est souvent l’excès. Les propriétaires sous-estiment l’apport énergétique, surtout chez les animaux stérilisés ou peu actifs. »
- Peser la ration : Utiliser une balance de cuisine, s’appuyer sur les tableaux du fabricant et réajuster selon la silhouette de l’animal plutôt que son appétit.
- Fractionner les repas : Deux repas minimum par jour. Les chats, en particulier, préfèrent plusieurs petits repas quotidiens (3 à 5 repas) pour limiter l’ennui et la prise de poids.
- Transitions alimentaires : Tout changement de type d’aliment doit se faire de façon progressive (sur 7 à 10 jours) en mélangeant l’ancien et le nouveau pour éviter diarrhées et refus.
Philippe Dubois insiste : « Observez votre animal. L’état de la peau, du poil, la vivacité, la consistance des selles sont d’excellents indicateurs quotidiens de l’adéquation du régime. »
Lutter contre la prise de poids et les carences : vigilance au quotidien
- Sursurveillance des friandises : Les friandises (biscuits, bâtonnets, lamelles séchées) doivent rester exceptionnelles, réservées à l’éducation et constituer maximum 10 % de l’apport calorique.
- Suppression des restes de table : Attention aux graisses, aux aliments difficiles à digérer et aux éléments dangereux (sucres, os cuits, raisin...).
- Contrôle du poids : Pesez régulièrement votre animal et surveillez sa silhouette : côtes palpables mais pas saillantes, taille marquée chez le chien, pas de ventre pendule chez le chat.
En cas de doute ou de changement soudain de comportement alimentaire, la consultation vétérinaire s’impose pour réévaluer le bilan santé et les apports.
Cas pratiques : adapter la nourriture à chaque étape de vie et chaque espèce
Le chiot et le chaton
Ils ont des besoins énergétiques et nutritionnels intensifiés (protéines, calcium, phosphore pour la croissance). Il est essentiel de respecter les plans alimentaires adaptés à leur rapidité de développement, puis de transiter progressivement vers l’alimentation adulte autour de 12 mois selon la gabarit.
L’animal stérilisé ou âgé
Sa dépense énergétique diminue, ses besoins évoluent : privilégier des apports contrôlés en énergie, riches en fibres, adaptés à la prévention du surpoids tout en assurant le maintien de la masse musculaire.
Le NAC
Lapins et cobayes exigent du foin à volonté, des légumes variés et une très faible quantité de granulés complets. Les furets, eux, réclament une alimentation quasi exclusivement carnée, tandis que les reptiles ou oiseaux ont des rations à personnaliser strictement selon l’espèce.
« Le moindre écart ou excès de calcium, de vitamine A ou D, est ici dangereux. Consultez systématiquement un vétérinaire spécialisé NAC ! »
Questions fréquentes et fausses croyances décryptées par l’expert
- Est-il sain de donner du « cru » (barf) ?
« Pas sans accompagnement ! Mal équilibré, ce régime expose à des carences et des risques sanitaires. Une évaluation par un vétérinaire nutritionniste est indispensable. » - Mon chat doit-il manger des croquettes à volonté ?
« Non, mieux vaut réguler la quantité totale, car nombre de chats stérilisés développent une obésité silencieuse. » - Peut-on donner exclusivement des restes ?
« Certainement pas ! Le sel, certains aliments du repas familial, la cuisson ou les os posent problème à l’animal. » - Et les régimes végétariens ?
« Chez le chien, ils posent déjà question mais peuvent être compensés si bien formulés. Chez le chat, c’est dangereux car plusieurs nutriments vitaux ne sont présents que dans la viande. »
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- Guide « Peser et ajuster la ration de mon chien/chat/NAC » : mode d’emploi, tableaux de suivi, astuces pour la transition
- Retours d’expériences d’autres propriétaires ayant amélioré la santé de leur animal grâce à une nouvelle alimentation
Conclusion : nourrir, un acte d’amour et de responsabilité
Bien nourrir son animal, c’est investir dans sa santé, favoriser son équilibre émotionnel et prolonger les moments de complicité. Aucun régime miracle, mais un accompagnement au fil de la vie, adapté à chaque compagnon. Les conseils vétérinaires, la lecture attentive des étiquettes et l’observation quotidienne sont les piliers d’un animal heureux et épanoui.
Retrouvez sur passionanimaux.com des outils, guides et témoignages pour accompagner chaque étape et bâtir, jour après jour, une relation sereine et saine à travers l’alimentation.