Guides pratiques

Lutter efficacement contre les parasites chez le chien et le chat

Par Maxime
6 minutes

Comprendre l’enjeu des parasites pour nos chiens et chats


Nos compagnons à quatre pattes vivent au quotidien entourés d’organismes microscopiques ou bien visibles qui partagent leur environnement — parfois au détriment de leur santé. Du jardin de la maison à la litière, en passant par les parcs urbains ou les canapés, puces, tiques, vers intestinaux et autres parasites externes et internes menacent le bien-être du chien et du chat toute l’année, même en hiver.
Évolution du climat, nouveaux modes de vie et augmentation des adoptions stimulent les infestations, rendant la prévention plus cruciale que jamais. Aborder sérieusement la question, c’est préserver la santé de l’animal mais aussi celle de toute la famille : certaines maladies parasitaires sont transmissibles à l’humain (« zoonoses »).


Panorama des parasites courants : qui sont-ils vraiment ?


  • Les parasites externes (ectoparasites) : ce sont ceux que l’on retrouve sur la peau ou dans le pelage. Les principaux sont les puces (Ctenocephalides felis/canis), les tiques (Ixodes, Rhipicephalus…), les poux et, chez le chat, les acariens responsables de la gale auriculaire. Ils provoquent démangeaisons, allergies, infections cutanées, transmission de maladies comme la piroplasmose ou la maladie de Lyme.
  • Les parasites internes (endoparasites) : ils vivent à l’intérieur de l’animal. Les vers ronds (ascaris, ankylostomes), les vers plats (tænias) et le protozoaire Giardia figurent parmi les « classiques », causant troubles digestifs, amaigrissement, pelage terne ou retard de croissance, notamment chez le chiot ou le chaton.

Sans prise en charge adaptée, les infestations peuvent rapidement dégénérer en véritables urgences vétérinaires. La vigilance et l’anticipation sont donc les clés d’une cohabitation harmonieuse et saine avec son animal.


Reconnaître les signes d’une infestation : ce qui doit alerter


  • Démangeaisons, léchage et grattage : chez chiens et chats, l’infestation par les puces ou les tiques se manifeste souvent par un toilettage excessif, des morsures du pelage ou des griffures, parfois jusqu’à des lésions cutanées visibles.
  • Perte de poils localisée, croûtes, rougeurs : surtout chez les sujets allergiques aux piqûres de puces (DAPP) mais aussi en cas de gale ou de mycoses secondaires.
  • Présence de « grains de riz » dans les selles ou sur l’anus : typique d’une infestation par un ténia, le Dipylidium, véhiculé par… la puce !
  • Vomissements, diarrhée molle, ballonnements : courants lors d’infestation intestinale par les vers. Les chiots et chatons sont plus fragiles, un traitement rapide s’impose pour éviter l’anémie ou le retard de croissance.
  • Gros ventre, retard de croissance chez les jeunes : à surveiller après adoption, surtout en refuge ou élevage.
  • Tiques accrochées visibles ou petites boules sombres sur le cou, les oreilles, entre les doigts : pensez aux inspections régulières après chaque balade !

Mise au point sur la prévention : les gestes incontournables


Tous les vétérinaires s’accordent : mieux vaut prévenir que guérir. Le calendrier antiparasitaire doit être adapté au mode de vie de chaque animal, à sa fragilité, et à l’environnement du foyer.


  • Traitement régulier : appliquer des produits antiparasitaires adaptés au poids, à l’âge et à l’espèce de l’animal. Attention aux produits chiens parfois toxiques pour les chats (ex : perméthrine). Fréquence : toutes les 4 à 6 semaines, voire toute l’année dans les régions à risques.
  • Vermifuger systématiquement : chiots, chatons et adultes, même en appartement, doivent recevoir un vermifuge plusieurs fois par an (tous les 1 à 3 mois selon l’âge, la cohabitation, la sortie à l’extérieur, la présence d’enfants/jardins/pelouse).
  • Inspecter l’animal : après chaque promenade ou retour d’un séjour extérieur, examiner soigneusement le pelage, les oreilles, les espaces interdigitaux pour traquer tiques et puces.
  • Maintenir l’hygiène de la maison : aspirer tapis, coussins et litières, laver régulièrement les textiles et possiblement utiliser des sprays ou foggers environnement anti-puces (en suivant scrupuleusement les consignes de sécurité).

Le traitement de l’environnement est aussi important que l’animal lui-même, surtout lors d’une infestation avérée : 95% des puces vivent dans le cadre de vie, pas seulement sur le pelage…


Focus sur les méthodes de traitement : efficacité et précautions


  1. Les pipettes (spot-on) : Versées entre les omoplates, elles offrent une protection locale et parfois systémique. Bien respecter la fréquence, la zone d’application et la non-baignade dans les 48h.
  2. Les comprimés oraux : D’action systémique, ils sont souvent plébiscités pour leur simplicité (notamment chez les animaux qui se baignent ou vivent à l’extérieur). Certains ont une action ciblée (puces, tiques), d’autres sont à large spectre.
  3. Les colliers antiparasitaires : À choisir en fonction du gabarit et de la sensibilité cutanée. Durée d’action longue, prisée en prévention estivale. Attention en présence d’enfants ou d’autres animaux, certains actifs peuvent être irritants.
  4. Les sprays et poudres : Moins utilisés désormais, réservés parfois aux jeunes animaux ou en complément pour traiter l’environnement.
  5. Traitements naturels : Certaines huiles essentielles (jamais pures, et proscrites chez le chat sans avis vétérinaire) peuvent agir en répulsif léger, mais n’ont pas la même efficacité que les solutions vétérinaires homologuées. Prudence avec les recettes « grand-mère » trouvées sur internet.

Attention : N’utilisez jamais de produits destinés à une autre espèce ou pour humains sans conseil vétérinaire. Méfiance également avec les préparations vétérinaires à usage agricole (mouton, bovin) parfois détournées pour des chiens ou chats de compagnie.


Zoom sur le rôle du vétérinaire et le suivi personnalisé


Parce que chaque animal est unique, un suivi personnalisé s’avère le meilleur garant d’une lutte efficace contre les parasites. Un bilan annuel (voire semestriel chez les jeunes, en collectivité ou en cas de facteurs de risque) permettra :


  • De choisir le protocole adapté (produit, fréquence, spectre d’action)
  • D’ajuster en cas de réaction cutanée ou d’inefficacité suspectée (résistance des puces notamment)
  • De bénéficier de rappels sur la périodicité et le mode d’administration du vermifuge et de l’antiparasitaire
  • De recevoir des conseils « terrain » en fonction de la région (milieu rural/urbain, voisinage de forêts, présence de rongeurs…)

L’importance de traiter tous les animaux du foyer


La cohabitation entre chiens, chats, mais aussi furets, lapins ou autres NAC multiplie le risque de « recontamination croisée ». Veillez à traiter tous les animaux simultanément, même si certains restent à l’intérieur. Les parasites, et notamment les puces, savent passer facilement d’un pelage à l’autre !


Questions fréquentes sur la lutte antiparasitaire


  • Quand commencer à traiter un chiot ou chaton ? Dès 2 ou 3 semaines, avec des solutions spécifiques, sous contrôle vétérinaire. La mère et la fratrie doivent suivre le protocole également.
  • Faut-il traiter un animal qui ne sort jamais ? Oui ! Les parasites peuvent être ramenés involontairement sur les vêtements, les chaussures ou via d’autres animaux et objets.
  • Puis-je combiner plusieurs traitements ? Cela doit toujours se faire sur conseil du vétérinaire pour éviter les surdosages ou les effets secondaires.
  • Un animal traité peut-il ramener des tiques à la maison ? Oui, certains parasites peuvent s’accrocher mais ne pas survivre ou provoquer des dégâts si le traitement est actif. D’où l’importance d’inspecter le pelage régulièrement.
  • Pourquoi vermifuger alors qu’on ne voit rien dans les selles ? Les vers adultes ne sont parfois pas visibles, mais la contamination reste possible et fréquente, surtout si l’animal se lèche, mange dehors ou chasse.

Les tendances et innovations à surveiller en 2024


La prévention antiparasitaire évolue sans cesse. De nouvelles molécules, plus respectueuses de l’environnement, voient le jour. Les systèmes connectés (rappels sur smartphone, objets intelligents pour la distribution automatisée) émergent.
Des solutions multifonctions sont également testées : protection contre parasites internes et externes dans un même médicament, adaptation du protocole selon l’exposition réelle détectée…


Côté « green », le marché s’enrichit peu à peu de produits avec packaging écoresponsable, dosage plus précis, et une traçabilité accrue des ingrédients actifs.


À télécharger et partager : nos ressources pratiques


  • Calendrier PDF personnalisable de prévention antiparasitaire à afficher chez soi.
  • Fiche mémo comparative des principaux produits, par espèces et situations (élevage, appartement, campagne…)
  • Forum communautaire : conseils de propriétaires, retours sur les marques, photos « avant/après » traitement, astuces pour administrer un comprimé même aux plus récalcitrants.

L’avis de la rédaction PassionAnimaux.com


La lutte contre les parasites ne doit pas être vue comme une contrainte mais comme un geste de responsabilité : garantir le confort de son animal, préserver la santé de la famille et la tranquillité au quotidien. En optant pour une prévention raisonnée, calibrée avec l’aide du vétérinaire et une hygiène domestique rigoureuse, on minimise les infestations, on évite les traitements d’urgence (coûteux pour le moral et le budget), et on contribue à la santé globale du foyer.
Notre conseil : examinez votre animal toutes les semaines, maintenez le carnet d’antiparasitaire à jour, impliquez toute la famille et partagez vos astuces sur passionanimaux.com : parce qu’un foyer serein, c’est un animal protégé… et des soucis évités toute l’année !

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